2019-05-07 10:04:06

L’activité photovoltaïque fait-elle peur aux assureurs ?

Marqué récemment par les agissements de nombreux acteurs frauduleux, le marché des énergies renouvelables et en particulier celui du solaire inquiète les assureurs. Témoignage.

Des assureurs qui n’hésitent pas, en cas de sinistre (ou pas !!!), à résilier l’assurance avec à la clé, des conséquences dramatiques pour les entreprises du secteur. Voici le cas concret de l’entreprise Biomotik, qui, avec l’aide de la CAPEB a apporté suffisamment de preuves de ses compétences en la matière pour maintenir des contrats d’assurances menacés de résiliation.

Les faits

L’entreprise charentaise Biomotik, spécialisée en éco-énergie, propose différentes prestations : solaire thermique et photovoltaïque, poêle de masse, bois ou biomasse, VMC double flux, … En 2017, Biomotik modifie son organigramme et étend ses activités, la part de CA liée à l’énergie solaire se développe. Naturellement, une extension de garantie est demandée à son assureur historique qui, en réponse, lui envoie un courrier de résiliation sur l’ensemble de ses activités au motif d’aggravation du risque.

Ce courrier fut un choc

explique Karine Joussen, le dirigeant.

Car, sans assurance, les risques financiers et juridiques encourus rendaient impossible l’ensemble de l’activité de l’entreprise. Dans l’urgence, Karine Joussen contacte immédiatement son assureur, mais les échanges sont difficiles et l’entreprise obtient un aménagement du délai de résiliation mais l’issue semble incontournable.

Elle décide alors de se tourner vers la CAPEB.

Nous avons pris connaissance du dossier, pour le traiter immédiatement en contactant d’autres partenaires pour l’assurer et en échangeant avec son assurance, explique David Leobet, Secrétaire Général de la CAPEB de Charente. Après de multiples échanges démontrant les compétences et le sérieux de l’entreprise, nous avons réussi à repousser l’échéance de radiation. Nous avons poursuivi, argumenté et expliqué pour finalement, au bout de 4 mois, parvenir à régulariser la situation et obtenir un avis positif de l’assureur

Karine Joussen

Et de poursuivre:

Avec un peu de recul, nous avons analysé la situation. Il est vrai que ce marché est marqué par une forte sinistralité en lien à quelques installateurs « exotiques » qui sont la cause de malfaçons et d’arnaques : problème d’étanchéité sous les modules solaires, problèmes électriques liés à des systèmes de poses non professionnels, non raccordement au réseau public d’électricité …. Auxquels s’ajoutent des techniques de vente forcées pour certains d’entre eux.

Il est donc vrai que ce marché a été marqué par un taux de sinistres important. Ce qui nuit, de fait, aux acteurs qui développent une activité et des process professionnels.

Nous constatons et c’est dommage, une grande distorsion entre les pouvoirs publics, les effets d’annonce sur la transition énergétique, les règles normatives et les matériaux. A défaut de normes, nous demandons des avis techniques pour valider les matériaux, mais ceux-ci sont souvent en cours, avec une traçabilité toujours complexe à obtenir. En parallèle, pour offrir le plus de garanties et de transparence, nous avons obtenu les qualifications QualiPV élec et Bat. Mais ces arguments ne semblaient pas suffire à eux seuls, à conforter notre dossier pour l’assureur. Redonner confiance aux assureurs, tel est donc l’enjeu du secteur.

En intervenant dans le dossier, la CAPEB a effectué un travail remarquable, car proche de ses adhérents et du terrain, a été un véritable garant et une caution morale autour de nos compétences rassurant notre assureur et nous permettant de poursuivre nos activités.

Karine Joussen