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5 janvier 2017

La CAPEB présente ses vœux 2017

Intervention du Président Patrick Liébus
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Cliquez ici pour télécharger les voeux de la CAPEB 2017

Bonjour à toutes et à tous

Merci pour votre fidèle participation aux vœux de la CAPEB Avec mes collègues élus et l’ensemble de nos collaborateurs, nous avons chaque année le plaisir de vous recevoir.


L’année 2017 s’annonce dans l’incertitude.

Sur le plan international, les incertitudes sont grandes, pratiquement aussi grandes que les incertitudes de nos échéances politiques.

En 2017, nous risquons de ne plus connaitre la baisse des taux d’intérêt dont nous avons bénéficié en 2016. Ils vont d’abord se stabiliser puis remonter légèrement.

Là, mon regard se tourne vers nos partenaires banquiers afin que nos entreprises puissent trouver un nécessaire appui à leur trésorerie et leurs investissements mais aussi afin que nos clients trouvent les prêts nécessaires à leurs investissements dans notre secteur.

A cela s’ajoute l’incertitude qui pèse sur le coût de l’énergie et des matières premières. Sur ce point, le manque de lisibilité est total et nous savons combien l’impact peut être important sur nos activités et nos marges.

Là je tourne mon regard vers l’Etat pour qu’il maintienne les incitations à l’investissement pour les travaux de rénovation mais aussi d’amélioration de la performance énergétique.

A l’échelon européen, mêmes incertitudes : trois pays de l’Union européenne vont être en année électorale : l’Allemagne, les Pays Bas et la France. Et en mars, le processus du Brexit va démarrer en Grande Bretagne.

Il ne faudrait pas que ces événements politiques dissimulent tout le reste de la politique européenne.

Siégeant au Comité économique européen et présidant EBC, notre organisation européenne, je resterai attentif à tout ce qui se trame au niveau européen. Et les sujets ne manquent pas.

Deux sont pour moi emblématiques et capitaux : la révision de la directive sur le travail détaché, dont le processus est enclenché, et la directive en préparation sur les poussières de silice (les gens du béton savent de quoi je parle).

Il est hors de question que cette directive fasse subir aux entreprises du gros œuvre, mais aussi à toutes les autres, les mêmes désordres et difficultés que le secteur de la menuiserie charpente connait avec les poussières de bois.

L’histoire se répète. Il nous faut être vigilant. Il nous faut en permanence deviner ce qui pourrait se tramer en imaginant le pire ….

Sur le plan national, l’économie française connaît une croissance molle. La France sort moins vite de la crise et progresse moins vite que les autres pays. La croissance était de 1,6% en 2016 et serait de 1,2% en 2017.



Abordons maintenant le secteur de la construction, notre secteur.

Le neuf va mieux et affiche 400 000 logements supplémentaires.

La rénovation va mieux mais plus doucement. Elle se redresse mais a besoin d’être encore accompagnée.

Je l’ai dit au Gouvernement et l’ai répété encore hier à notre Premier ministre et le répèterais avec autant de détermination au Gouvernement suivant : Ne cassons pas la dynamique !

Concrètement, cela veut dire :

- Maintenez une TVA à 5.5 % pour la rénovation énergétique dont la croissance en positif porte le secteur

- Maintenez une TVA à 10 % pour les travaux de rénovation

- Et mettez en place également une TVA à 5.5 % pour les travaux d’adaptabilité des logements. Ce serait une mesure à spectre large car la vieillesse touche tout le monde !

Pour le reste, le CITE est maintenu en 2017, je dis tant mieux, c’est une bonne chose. Il a joué un effet de levier qui a permis de déclencher les travaux chez nos clients particuliers.

Sans transition, je passe du CITE au CICE !

Oui, il a permis d’aider certaines entreprises.

Mais un allégement de charges aurait été plus profitable à l’ensemble des entreprises de l’artisanat.

Je vous rappelle ici que 64 % des entreprises artisanales du bâtiment ne sont pas employeurs. D’ailleurs, j’en profite pour glisser ici le projet resté dans les cartons de l’Etat : la fusion des statuts d’entreprises pour obtenir un seul statut pour les travailleurs indépendants (une affaire à suivre).

Dans mon tour d’horizon, je ne pouvais pas ne pas évoquer la question fâcheuse et qui traine : le compte pénibilité.

C’est ce compte qui est pénible pour nos entreprises : la CAPEB veut sécuriser les chefs d’entreprises.

D’autres moyens auraient dû être étudiés. D’ailleurs, avec IRIS-ST, la CAPEB travaille depuis de nombreuses années sur la prévention.

En 2017, il faut rétablir la confiance des chefs d’entreprises à tous les niveaux.

On parle de l’apprentissage, mais sait-on que l’on a pratiqué une politique de « stop and go » qui a découragé les plus chevronnés des maitres d’apprentissage ?

Avec tous ces soubresauts dans un contexte rabâché de « pénibilité des métiers », je souhaite du courage et de la motivation au jeune qui ambitionne de devenir artisan. Avant tout, il faut de l’activité, de la rentabilité, de la stabilité.

Dernier point qui n’est pas négociable et que nous rejetons en bloc : le prélèvement à la source.

Nous n’avons pas vocation à être des agents de l’Etat. Point final.

Entre parenthèses, c’est ce même Etat qui n’est pas en capacité de nous fournir la DSN automatisée. Sans commentaire.

Du côté du champ paritaire, le regroupement des conventions collectives et des branches suit son cours de négociation. Nous y participons activement et nous en reparlerons le moment venu.

Je ne voudrais pas commencer l’année sans saluer la naissance de l’U2P qui représente maintenant, grâce à l’arrivée au sein de l’UPA de l’UNAPL, la première organisation patronale du pays avec 2.300.000 entreprises. Qu’on se le dise.

Pour conclure, je forme le vœu que l’année 2017 soit celle des TPE/PME de l’artisanat tout simplement.

Je demande qu’on nous laisse travailler, créer de la richesse et développer de l’activité. L’économie française repose sur les territoires, donc sur l’artisanat.

Qui est mieux placer que l’artisanat du bâtiment pour redynamiser l’économie locale, à travers d’une vraie politique du logement en faveur de la rénovation des centres bourgs par exemple ?

Les artisans, véritables acteurs de l’économie locale, sont disposés à relever ce défi, car ils savent que ce sont les petits travaux qui font les grandes politiques.

Et oui, je suis pour « une grande politique de petits travaux ».

C’est exactement ce que nous allons dire à nos élus et futurs candidats dans notre recueil qui sortira en janvier et que nous appellerons « Priorités pour 2017 ».

Son leitmotiv est « Penser petit d’abord ».

Deuxième rendez-vous : le 16 janvier pour la note de conjoncture du 4ème trimestre 2016, qui permet de faire le bilan de l’année 2016 et d’établir les perspectives sur 2017 en termes d’emploi et d’activité.

Et enfin dernier rendez-vous : la nouvelle édition de notre concours de l’innovation appelé « les LUMIERES de l’Innovation dans l’artisanat du bâtiment », 5ème édition que je lance aujourd’hui.

Maintenant, je tourne mon regard vers vous tous et je vous souhaite une belle et bonne année. Que 2017 vous apporte la santé, la réussite, la sérénité et la sécurité pour vous-même ainsi que pour l’ensemble de vos proches.

Je vous remercie.

Téléchargez l’alerte presse des Voeux 2017.