2019-04-26 11:37:47

Les peintres aussi sont éco-responsables

On y pense peu, mais les peintres sont de grands consommateurs d’eau pour le nettoyage des pinceaux. S’ils utilisent en moyenne 50 litres d’eau pour nettoyer leurs outils, à la fin du mois, les quantités deviennent astronomiques. Dans le cadre d'une action de la CAPEB à l'échelle régionale, 56 entreprises ont été accompagnées dans l’obtention d’aides de l'Agence de l'Eau Loire Bretagne pour s’équiper en machines économes. Explications.

Des solutions économes pour une ressource précieuse

Fred Dayber dirige l’entreprise les Propains d’Abord, spécialisée en peinture et décoration installée à Frozes depuis 2007.
Cherchant des solutions d’économie d’eau, Fred a sélectionné une machine développée par l’entreprise Bontemps Bonnarme adaptée à son entreprise de 2 salariés et d’un apprenti. Cette solution est par ailleurs préconisée par l’Agence de l’Eau Loire Bretagne.

J’ai choisi de modifier et d’adapter mes machines pour pourvoir justifier de procédures d’élimination des déchets, en particulier pour les marchés publics. Et puis, au-delà, cette démarche répond à une sensibilité aux questions environnementales liées aux rejets de polluants et à une forte consommation d’eau. S’ajoutent aussi des gains de temps considérables, un rouleau nécessitant moins d’une minute pour être nettoyé intégralement

confie Fred Dayber

Cette démarche revêt de nombreux avantages et répond à une demande de plus en plus forte de la clientèle de l’entreprise ; un argument intelligent et peu connu que Fred Dayber mettra en avant.

Des économies évidentes, une opération subventionnée

Se doter d’équipement moderne permet à l’entreprise Propains d’Abord de diviser sa consommation d’eau par deux, passant de 50 litres à 25 litres pour nettoyer 4 à 5 rouleaux et brosse. Par ailleurs, l’eau est réutilisable jusqu’à 10 fois puisque le circuit est fermé. A ce rythme, l’entreprise ne consomme qu’environ 1 litre d’eau par manchon avec la machine, au lieu de 20 à 30 litres sous un robinet classique.

Le principe est simple : pinceaux et brosses sont insérés dans la machine pour être nettoyés. A la fin, pour séparer l’eau et les déchets, un floculant est ajouté pour gélifier les particules de peinture. Il ne reste ensuite plus qu’à filtrer l’eau en vidangeant l’évier. Les déchets sont filtrés dans un bac de récupération.
L’eau redevenue claire, mais impropre à la consommation, réalimente le bac en circuit fermé. Les boues de peintures sont collectées pour être traitées dans des déchetteries spécialisées.

Cette opération a été montée avec l’Agence de l’Eau Loire Bretagne avec une subvention de 80%. La Capeb Vienne a réalisé un recensement des besoins de l’entreprise et a conseillé et orienté sur les solutions adaptées. Elle a aussi apporté une aide au montage du dossier. En tout, la Capeb Vienne en 2018 a accompagné 13 entreprises pour plus de 40 000 euros distribués.

A l'échelle régionale la CAPEB a accompagné 56 bénéficiaires pour un reversement de près de 210.000 euros

On peut faire des étincelles dans son métier et être moins brillant dans la paperasse.