2018-06-13 04:19:08

Nous, artisans des travaux publics et paysagers et l'apprentissage

La CNATP souhaite favoriser l’apprentissage, la formation continue des artisans et salariés, le développement des qualifications, la transmission-reprise des entreprises artisanales.

Encourager le développement de l’apprentissage et de la formation

L’apprentissage facilite l’insertion des jeunes dans le monde du travail puisque 66 % des apprentis occupent un emploi six mois après leur formation.Néanmoins, en France, 7 % des jeunes sont en apprentissage, alors que dans les pays européens qui obtiennent de très bons résultats dans la lutte contre le chômage, ce taux est de 15 %.

Prendre un apprenti est au cœur de l’artisanat des Travaux Publics et du Paysage, mais représente aussi une charge en termes de temps et de coût pour l’entreprise. C’est une contribution forte des entreprises artisanales à la formation, l’économie de notre pays, qu’il faut reconnaître et encourager !

Or, les chefs d’entreprises sont trop souvent face à des réglementations, des contraintes qui, en plus d’être remises en cause d’un gouvernement à l’autre, les dissuadent d’embaucher des apprentis. Par exemple,sur les machines (minipelles, tondeuses…) la loi interdit leur utilisation avant 18 ans. Comment former correctement un apprenti à un métier sans pouvoir utiliser ses outils ?

Nous devons faire du développement de l’apprentissage au sein des TPE une priorité nationale, par des mesures de financement et d’incitation adaptées.

Ce dossier a été jugé prioritaire par le nouveau Gouvernement. Celui-ci a présenté, le 9 février 2018, les grandes lignes de sa réforme de l’apprentissage. 20 mesures ont été proposées pour renforcer l’apprentissage :augmentation de la rémunération des apprentis, apprentissage ouvert jusqu’à 30 ans, aide aux apprentis pour passer leur permis, unification des aides à l’embauche, prépa-apprentissage pour acquérir les pré-requis nécessaires,amélioration de l’accès à l’information des familles sur les métiers, procédure de rupture du contrat allégée, entrée en apprentissage tout au long de l’année,renforcement du rôle des branches dans la définition des référentiels professionnels, etc.

Cette réforme mériterait d’aller plus loin, mais c’est une vraie prise en compte d’un grand nombre de revendications de la CNATP, à travers l’U2P, portées depuis longtemps.

Nos revendications

La CNATP incite à faire reconnaître et à soutenir par des aides suffisantes et une réglementation adaptée la contribution des artisans à la formation des futurs professionnels de nos secteurs. Elle demande :

La simplification et la pérennité des aides et des règles :

  • des aides fixes et claires, correspondant à l’effort réel de formation,
  • des réglementations plus adaptées pour encourager la formation des apprentis en conditions réelles de travail,
  • permettre que le temps de travail hebdomadaire des apprentis des Travaux Publics et du Paysage puisse être exceptionnellement porté à 40h, pour tenir compte des spécificités du secteur (ex. : en cas d’imprévus sur un chantier),
  • lors de l’embauche d’un apprenti qui a été formé par l’entreprise, que cette dernière puisse bénéficier d’un allègement de charges pendant 3 ans.

Au niveau de la branche :

  • Sanctuariser le déploiement d’une politique de formation professionnelle de branche, via les organismes dédiés aux métiers du secteur, tels Constructys et le CCCA-BTP,
  • Promouvoir la place essentielle de l’artisanat auprès des jeunes attirés par les métiers des travaux Publics et du Paysage, en valorisant l’apprentissage auprès des enseignants, des parents et des élèves,
  • Encourager le développement des formations continues en atelier ou sur chantier, afin de limiter l’absence des salariés liée aux stages à l’extérieur de l’entreprise.

On peut faire des étincelles dans son métier et être moins brillant dans la paperasse.