2019-04-26 08:51:48

Nouvelle-Aquitaine : la CAPEB claque la porte des négociations salariales

Pour la première fois, la CAPEB a quitté la table des négociations de la Commission Sociale du Bâtiment de Nouvelle-Aquitaine. Voici pourquoi.

Comme chaque année, la CAPEB s’est retrouvée à la table des négociations salariales pour les salariés du secteur du bâtiment. Comme toute négociation, celle-ci aurait dû se conclure par un compromis dans lequel chacune des parties doit avoir l’impression, à défaut de gagner, au moins de ne pas perdre. C’est la définition même du concept.

Parce que la CAPEB ne veut pas être un acteur de seconde zone…

Pour la première fois, la CAPEB a pris la décision de quitter la table des négociations. Face aux propositions inadaptées, pour ne pas dire scandaleuses, validées par la seule FFB, et à l’impossibilité pour nous de nous y opposer efficacement en raison des modes de calculs de représentativité. Comme nous vous l’expliquions précédemment, le poids de chaque syndicat est calculé sur la base du nombre de salariés des entreprises adhérentes et non du seul nombre de ces entreprises. Dans ce cadre la FFB, qui regroupe les plus grandes entreprises du secteur dispose d’un un poids sans commune mesure avec le nombre d’entreprise qu’elle représente.

La CAPEB refusant de servir de chambre d’enregistrement à des décisions plus que douteuses concernant l’intérêt des entreprises, nous avons décidé de suspendre notre participation, et de ne pas signer les accords négociés entre la FFB et les syndicats de salariés, qui nous semblent présenter un risque de déséquilibre financier pour les entreprises à taille humaine.
On retiendra pour l’exemple des augmentations sur certains coefficients frisant les 3%, voire même 4,32% pour le niveau H des ETAM en Poitou-Charentes… Des décisions unilatérales qui vont à l’encontre de l’équilibre financier des entreprises à taille humaine que la CAPEB entend défendre, qui ne pénaliseront pas les grandes entreprises représentées exclusivement par la FFB, et qui sont à contre-courant de la conjoncture économique, puisque l’année 2018 a connu une inflation de seulement 1,8%, tandis que les prévisions donnent -1,5% pour 2019…

Parce que la CAPEB est un syndicat d’entrepreneurs, pas de salariés…

Sa mission consistant à défendre les intérêts des entreprises qu’elle représente, la CAPEB souhaitait des augmentations plus mesurées et mieux équilibrées des grilles salariales, ainsi que des indemnités de petit déplacement, de repas et de transport.
Dans un mépris total des intérêts des entreprises à taille humaine, la FFB a décidé unilatéralement d’accélérer le mouvement. Nous ne pouvons accepter, au nom de nos adhérents, des augmentations qui reviennent à menacer gravement l’équilibre financier des petites entreprises.
Le refus de la CAPEB de signer ces accords n’a pas empêché qu’ils soient déposés et fassent l’objet d’une demande d’extension. Cependant, il permet aux adhérents de gagner un peu de temps, puisque, si ces augmentations seront applicables à compter du 1er juillet aux entreprises adhérentes à la FFB, elles ne le seront qu’à compter de la publication au JO de l’arrêté d’extension pour les adhérents de la CAPEB. Pour rappel, cette publication avait pris 9 mois pour les accords de 2018.

Cependant, notre rôle ne saurait se résumer à gagner du temps. Et pour éviter ce genre de compromission à l’avenir, la CAPEB a besoin de vos adhésions pour obtenir, dans le cadre de la mesure de la représentativité, un droit d’opposition qui lui permettra à l’avenir de faire tomber des accords contraires à vos intérêts.
Conscients néanmoins que dans le contexte de pénurie persistante de main-d’œuvre, il est parfois indispensable de proposer des conditions salariales concurrentielles pour pouvoir recruter, nous vous rappelons qu’il vous est possible d’appliquer volontairement ces augmentations à compter du 1er juillet.

On peut faire des étincelles dans son métier et être moins brillant dans la paperasse.