Apprentissage : une rentrée timide mais qui n’a pas dit son dernier mot
Apprentissage dans le BTP : une rentrée en demi-teinte pour l’instant
Le CCCA-BTP vient de livrer les premières tendances sur l’apprentissage dans le secteur du BTP. Elles font état d’un léger recul par rapport à l’année 2024 qui s’était globalement maintenue au niveau de 2023. Mais il ne s’agit que de tendances provisoires établies sur la base de 146 établissements de formation représentant environ la moitié des effectifs apprentis BTP 2023-2024.
L’enquête souligne également les difficultés persistantes à placer les jeunes en entreprise. Près de 9 000 entreprises sont encore à la recherche d’un apprenti, mais 35,7 % des CFA interrogés estiment que le principal frein réside dans le manque d’entreprises prêtes à recruter, tandis que seulement 24,3 % pointent un déficit de candidats.
À ce stade, le CCCA-BTP reste prudent : la rentrée s’étale jusqu’en novembre décembre et les chiffres définitifs ne seront connus que dans quelques semaines. Ce recul pourrait en partie s’expliquer par la situation économique et par une certaine confusion autour des aides à l’apprentissage. Si celles-ci ont été revues à la baisse, elles restent pourtant substantielles, avec une prime de 5 000 euros pour tout recrutement dans une TPE. Un manque de clarté aussi sur le « reste à charge », notamment pour les niveaux supérieurs (Bac +3 à Bac +5), pourrait également avoir retardé certaines embauches.
Il importe donc d’attendre les résultats consolidés de l’enquête du CCCA-BTP pour mesurer précisément le niveau d’entrées réel dans l’apprentissage.
Les apprentis sont heureux dans leur TPE
C’est ce qui ressort clairement de l’enquête menée par le CCCA-BTP auprès de 15 000 apprentis et 5 800 entreprises artisanales du bâtiment et qui a permis d’éditer le 3ème baromètre « Vie des apprentis et Vie des entreprises », comme le prévoit la convention de partenariat que nous avons signée avec le CCCA-BTP.
Ce baromètre nous apprend que 91% des apprentis formés par les artisans du bâtiment sont satisfaits et affirment que l’apprentissage a répondu à leurs attentes. 88% des apprentis du bâtiment ont constaté que le travail qu’ils effectuent sur chantier correspond tout à fait à l’image qu’ils avaient du métier. Quant aux artisans, ils sont, eux-aussi, satisfaits puisque 85% de ceux qui accueillent un apprenti se disent prêts à former un nouvel apprenti avec le même CFA.
Ainsi, l’enquête nous montre, cette année encore, que les jeunes et les artisans sont en phase. Ils partagent en particulier la volonté de mieux préserver l’environnement et l’intérêt de s’inscrire dans une démarche RSE. Et sur ce plan, les progrès sont réels. 60 % des apprentis ont évolué dans une entreprise qui fait attention à ne pas gaspiller et 55 % à mieux gérer les déchets. Les apprentis constatent aussi une utilisation plus importante du numérique dans leur petite entreprise. 45 % des artisans formateurs utilisent des matériaux innovants et pour un quart d’entre eux, des outils collaboratifs. Mais ils sont encore très peu nombreux à recourir à l’IA. Sans doute faut-il y voir la conséquence du manque de temps pour s’y intéresser ou former. Une situation qui pourrait évoluer rapidement dès lors que les artisans du bâtiment ont beaucoup d’appétence pour tout ce qui peut leur faciliter la vie et réduire la pénibilité de leurs chantiers. Les apprentis, en tout cas, ont le sentiment que l’innovation pénètre bien les petites entreprises et sont d’ailleurs 71 % à considérer que les pratiques de leur entreprise sont innovantes et 83 % que leurs techniques de travail sont modernes.
Et contrairement aux idées reçues, les jeunes ne choisissent pas l’artisanat du Bâtiment par défaut. 54 % ont choisi cette voie par goût personnel. Plus de la moitié l’ont fait pour apprendre un vrai métier et 44 % pour entrer dans la vie active. Ce qui les a attirés, c’est avant tout la possibilité d’exercer un travail manuel (68%) et de bouger, de ne pas rester assis (61%). L’ambiance sur les chantiers (43%) et le travail en équipe (37%) leur plaisent aussi. Les apprentis qui se forment aux métiers du gros œuvre apprécient aussi la possibilité de travailler en extérieur (62%) et de faire quelque chose qui dure (56%), quand ceux qui se destinent au second œuvre retiennent plutôt la variété des missions (40%). Alors, tous les espoirs sont permis !
La CAPEB continue de son côté à promouvoir les métiers de l’artisanat du Bâtiment. Elle le fera encore lors des finales nationales des WorldSkills à Marseille du 16 au 18 octobre avec un stand animé permettant la découverte des métiers et l’interaction avec la matière et ceux qui la manipule. Elle le fera aussi avec le CCCA-BTP en diffusant des témoignages d’apprentis heureux de leur choix. Un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte. A noter dans vos agendas !









