Artisans et commerçants : Les acteurs essentiels de la cohésion des territoires ruraux
Publiée le 10 juillet 2026, l’étude « Artisans et commerçants : fabrique de la cohésion en ruralité », s’appuie notamment sur une enquête menée auprès de 893 dirigeants de avec le concours de la CAPEB.
Des entreprises profondément enracinées dans leur territoire
Les chiffres témoignent d’un attachement particulièrement fort des dirigeants de TPE à leur territoire.
43% ont grandi dans leur territoire et n’en sont jamais partis. Plus largement, 66% résident dans la commune où se situe leur entreprise. Pour beaucoup d’artisans, l’entreprise est donc bien plus qu’un lieu de travail : elle fait partie intégrante de la vie locale.
La ruralité est d’ailleurs considérée comme une véritable force par 43% des dirigeants, tandis que 48% y voient à la fois des atouts et des contraintes. Seuls 9% considèrent leur implantation rurale comme une faiblesse.
Parmi les principaux atouts cités figurent la fiabilité de la main-d’œuvre (23%) et la moindre concurrence locale (22%).
Recrutement et activité : des difficultés qui persistent
Cet ancrage territorial ne doit toutefois pas masquer les difficultés rencontrées par les entreprises.
Le recrutement et la fidélisation des salariés constituent le premier frein au développement pour 57% des dirigeants. Parmi eux, 50% pointent le manque de compétences disponibles localement.
Autre difficulté : 36% évoquent l’étroitesse du marché local.
L’activité économique du territoire est par ailleurs jugée en stagnation par 47% des dirigeants, dans un contexte marqué notamment par la concurrence des grandes enseignes situées en périphérie et par les difficultés de transmission des entreprises.
Enfin, 34 % des dirigeants déclarent se sentir isolés dans l’exercice de leur fonction. Un chiffre qui montre l’importance des réseaux professionnels et de l’accompagnement collectif.
Des artisans engagés dans la vie locale
L’étude confirme également le rôle social joué quotidiennement par les TPE.
73% des dirigeants accueillent des stagiaires ou des apprentis et 71% soutiennent le tissu associatif local. Ces engagements contribuent directement à la transmission des savoir-faire, à l’insertion des jeunes et à l’animation de la vie locale.
Plus largement, 75% des dirigeants estiment contribuer au dynamisme économique et social de leur territoire.
Pourtant, 43% ne participent à aucune action de coopération avec d’autres entreprises locales. Le potentiel de coopération apparaît donc encore largement sous-exploité.
Un dialogue avec les collectivités à renforcer
Les relations entre entreprises et pouvoirs publics constituent un autre enseignement important de l’étude.
Si 72% des dirigeants se déclarent satisfaits de leur maire, ils sont néanmoins 55% à considérer que leurs préoccupations ne sont pas suffisamment prises en compte.
Autre chiffre révélateur : 61% des dirigeants de TPE n’ont aucune relation avec un organisme public de développement économique, contre seulement 38% des dirigeants de PME.
Les principaux interlocuteurs restent les maires (27%) et les intercommunalités (26%), devant les Régions (21%) et l’État ou ses opérateurs (20%).
Les attentes des dirigeants sont d’abord tournées vers la simplification : 39% placent la simplification administrative en tête de leurs attentes, très loin devant la mise à disposition de locaux ou d’équipements (9%).
Faire de la proximité une véritable force collective
L’étude montre ainsi que la proximité géographique ne suffit pas, à elle seule, à créer de la coopération. Celle-ci doit être organisée à travers des réseaux professionnels, des lieux d’échanges et un dialogue régulier avec les collectivités.
Pour les entreprises artisanales, cette dynamique est essentielle : rompre l’isolement, faciliter les recrutements, favoriser la transmission et mieux faire entendre les réalités économiques locales.
Ces résultats confortent pleinement le rôle des organisations professionnelles comme la CAPEB, qui permettent aux artisans de ne pas rester seuls face aux difficultés et de porter collectivement leurs attentes auprès des pouvoirs publics.
Dans les Vosges comme dans de nombreux territoires ruraux, l’artisan est à la fois chef d’entreprise, employeur, formateur, acteur associatif et force vive de sa commune. Ces chiffres viennent objectiver une réalité : soutenir l’artisanat, c’est aussi soutenir la vitalité et la cohésion de nos territoires.









