2019-12-12 15:05:00

L'Édito du Président

Cher(e)s Collègues,

A la faveur de la transformation du CITE en prime fusionnée, le Gouvernement procède en fait à la refonte générale des aides de l’État consacrées à la rénovation énergétique.

Aux diverses aides de l’État (CITE et ANAH) sont ajoutées les aides provenant du dispositif des CEE, sorte d’addition « public-privé » qui permet de présenter,au budget de l’État, un financement à enveloppe constante.

Malheureusement, la réforme du CITE, telle qu’elle est proposée, présente des incohérences qui conduiront à l’inefficacité du dispositif envisagé et ne répondra pas aux objectifs de rénovation énergétique de 500 000 passoires thermiques par an.

Le transfert des aides des ménages les plus aisés vers les ménages les plus modestes est moralement louable, mais contre-productif d’un point de vue économique et environnemental.

En effet, en 2019, 20 % des bénéficiaires les plus aisés du CITE consommaient 50 % des travaux, donc les 80 % restants, c’est-à-dire les ménages modestes et intermédiaires, utilisaient l’autre moitié.

Alors que le nouveau dispositif permettrait, selon le gouvernement, de diminuer la part du financement incombant aux ménages, notamment les plus modestes, toutes les simulations montrent qu’il n’en sera rien.

Pire, les plus modestes qui pouvaient réaliser en 2019 des opérations à zéro euro en cumulant tous les dispositifs, vont devoir débourser en 2020, à leurs frais, des montants très importants, équivalant à 25 % des travaux réalisés !

Autant dire que dans ces conditions, les ménages modestes et très modestes ainsi que les ménages à revenus intermédiaires ne pourront pas, à eux seuls, relever le défi environnemental de tout un pays.

On peut se demander où est le bénéfice de cette réforme, si ce n’est pour les caisses de l’État !

Plus que jamais, plus forts ensemble !

Dominique HAUTEM