2025-09-15 10:00:42

Encore un mauvais coup pour la rénovation énergétique

Même si la ministre du Logement affirme qu’elle a obtenu un accord du Premier ministre pour que le budget de l’Anah soit le même en 2026 que celui de 2025 (c’est-à-dire 4,6 Mds), on ne peut s’empêcher de douter des intentions réelles de l’exécutif à cet égard.
D’une part, parce que le pays change encore de Premier ministre et d’autre part parce que c’est Bercy qui tient les cordons de la bourse et non pas le ministère du Logement.
En outre, les derniers textes réglementaires publiés ce mardi 9 septembre concernant MaPrimeRénov’ vont à l’exact inverse du déploiement de ce dispositif.
Ainsi, malgré l’opposition de la grande majorité du Conseil National de l’Habitat où siège la CAPEB (qui a voté contre),ces textes désormais en vigueur supprimeront pour 2026 les aides qui étaient jusqu’ici en vigueur pour l’installation d’une chaudière biomasse et pour l’isolation des murs en parcours par gestes.
La CAPEB s’est fermement opposée à ces décret et arrêté, rappelant que l’isolation est l’un des gestes les plus performants : il permet jusqu’à 25 % de réduction des déperditions thermiques, il est techniquement éprouvé, mobilise des artisans qualifiés partout sur le territoire et constitue une solution durable et accessible.
Sa suppression aura des impacts graves tant du point de vue social, car elle va priver de nombreux ménages d’une opération abordable, déjà choisie dans plus de 10 % des dossiers MPR au premier semestre 2025, mais aussi sur le plan économique, car elle menace l’activité de milliers d’entreprises et d’artisans du bâtiment qui peinent déjà à redresser leur situation.
Elle sera également un mauvais coup pour l’environnement et compromettra les objectifs climatiques de la France en écartant un levier majeur de réduction des consommations d’énergie.
La CAPEB a rappelé à cette occasion que la rénovation par gestes constitue souvent une première étape vers une rénovation globale.
Or, l’instabilité des aides mine la confiance des ménages ; retirer un geste aussi central ne fera qu’aggraver la situation !
Dans un courrier signé également par d'autres partenaires, la CAPEB a demandé la révision immédiate de ces textes et appelé à une politique de rénovation énergétique durable, lisible et stable, à même de garantir la confiance des ménages et la mobilisation des artisans.