Baromètre régional de conjoncture 2026 - Artisanat du bâtiment | Pays de la Loire

Chiffre d'affaires, marges, trésorerie, carnets de commandes : le baromètre de conjoncture 2026 de la CAPEB Pays de la Loire, mené auprès des entreprises artisanales du bâtiment de la région, confirme une nouvelle année difficile. Une partie des entreprises maintient son activité, mais la rentabilité décroche sous l'effet de la hausse des prix des matériaux et de l'énergie. Alors que le budget 2027 est en discussion, la CAPEB Pays de la Loire rappelle que les entreprises artisanales ont avant tout besoin de chantiers pour travailler, pas d'aides pour tenir. Plus que jamais, nous demandons de simplifier les dispositifs, de stabiliser les règles et de faire confiance aux entreprises artisanales.
DES ARTISANS QUI TIENNENT, MAIS À QUEL PRIX
72 % des entreprises estiment que la conjoncture fragilise leur activité ou la met en péril, contre 64 % en 2025. La note de conjoncture calculée tombe à 3,9/10, son plus bas niveau depuis 2016.
La hausse des prix est devenue le premier facteur de fragilisation, cité par 84 % des entreprises contre 36 % un an plus tôt. Pour ne pas freiner une demande déjà affaiblie par la baisse du pouvoir d'achat des ménages, la plupart des artisans absorbent ces hausses : seuls 16 % ont pu les répercuter intégralement sur leurs devis. 41 % voient leur marge baisser et 43 % leur trésorerie reculer.
Les chef(fe)s d'entreprise ont pris leurs responsabilités : 91 % ont déjà pris au moins une mesure pour s'adapter. Mais ils le font le plus souvent seuls, et l'inquiétude gagne. 68 % se disent inquiets ou tendus, et 21 % envisagent de cesser leur activité, un niveau inédit depuis 2015.
Alain LACOUR, artisan, président de la CAPEB Pays de la Loire« Les artisans absorbent la hausse des coûts sur leurs marges et leur trésorerie pour ne pas perdre leurs clients. Neuf sur dix ont déjà pris des mesures : ils ont fait leur part. Ce qui manque aujourd'hui, ce sont des règles stables et une relance de la demande. À force de vouloir tout encadrer, le gouvernement est en train d'étouffer ceux qui font vivre le bâtiment. Il est encore temps de changer de cap, mais combien d'entreprises artisanales auront disparu d'ici là ? »
DES MARCHÉS D’AVENIR BLOQUÉS PAR L’INSTABILITÉ DES RÈGLES
La rénovation énergétique et l'adaptation des logements devraient porter l'activité des artisans. Elles restent figées. Les suspensions et changements successifs de MaPrimeRénov' n'ont aidé ni les ménages à s'engager, ni les entreprises à se projeter : moins d'une entreprise sur quatre voit encore dans la rénovation énergétique une opportunité. MaPrimeAdapt' n'a eu aucun impact sur l'activité de 46 % des entreprises qui réalisent des travaux d'adaptation des logements.
Le projet de budget 2027 ouvre pourtant une nouvelle réforme de MaPrimeRénov', recentrée presque exclusivement sur la rénovation globale. La CAPEB demande au contraire un parcours de rénovation par étapes, adapté aux ménages comme aux entreprises artisanales.
LES ENTREPRISES ARTISANALES ONT BESOIN DE SOUFFLER
Elles ne peuvent pas passer leur temps à s’adapter à de nouvelles décisions venues d’organismes divers ou de la réglementation, à anticiper de nouvelles règles ou à compenser les incertitudes. Elles ont besoin de stabilité, de visibilité et de sérénité pour se consacrer pleinement à leur coeur de métier.
Un(e) chef(fe) d’entreprise artisanale est comptable, gestionnaire, manager, directeur général, commercial, juriste, ADV, chef de chantier, conducteur de travaux, contrôleur de gestion, etc. Sur tous ces périmètres les règles changent constamment et le/la chef(fe) d’entreprise doit jongler avec les contraintes ou les changements de règles ou de nom, des mentions obligatoires supplémentaires, des dispositifs dont les règles changent au gré des interlocuteurs… mais il doit aussi assurer son chantier, en chercher d’autres à l’heure où la concurrence est rude et le pouvoir d’achat fragilise les décisions des clients.
Une trêve réglementaire est nécessaire, le temps pour les artisans de retrouver un peu de souffle et d’énergie, dans un contexte économique saturé.
IL EST ENCORE TEMPS DE CHANGER DE CAP
L’État doit agir dès maintenant : simplifier, donner de la visibilité et faire confiance aux entreprises artisanales. Les artisans ne demandent pas des discours supplémentaires. Ils demandent les conditions nécessaires pour travailler, investir, embaucher et transmettre leurs savoir-faire. Les entreprises ont besoin d’un accès direct aux marchés locaux, d’autant qu’elles se recentrent sur leur territoire : leur rayon d'intervention est le plus resserré des dix dernières années.
Virginie BAUDRIT, secrétaire générale de la CAPEB Pays de la Loire« Quelle politique du logement voulons-nous construire pour les dix ou vingt prochaines années ? Là où les besoins sont immenses, comme la rénovation énergétique ou l'adaptation des logements, le gouvernement multiplie les dispositifs complexes et les changements de règles. Massifier la rénovation, oui, mais à quel prix ? À force de complexifier les dispositifs et de favoriser des modèles toujours plus concentrés, ne prend-on pas le risque de voir l'activité échapper aux artisans au profit de quelques grands groupes, qui sous-traiteront ensuite l'exécution des travaux ? Derrière chaque entreprise fragilisée, ce sont des emplois, des compétences et des années de savoir-faire qui risquent de disparaître. »
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