Face au préfet de l'Aube, la CAPEB et la CNATP de l’Aube demandent des réponses concrètes pour les artisans !
Une rencontre pour faire entendre les réalités des entreprises et porter des propositions pour soutenir l’activité et l’emploi.
Les témoignages des artisans ont donné une traduction concrète aux difficultés du secteur : des devis qui peinent à rentrer, des carnets de commande qui se raccourcissent, des investissements devenus difficiles à rentabiliser, des factures de carburant qui s’alourdissent et des entreprises contraintes de puiser dans leur trésorerie.
Anthony BERTOLO et Rudy BIROST, présidents respectivement de la CAPEB et de la CNATP, ont rappelé que les artisans ont besoin de visibilité pour investir, conserver leurs salariés et répondre aux besoins de leurs clients. Les changements permanents de règles et les démarches administratives viennent aujourd’hui aggraver une conjoncture déjà difficile.
Rénovation énergétique : débloquer les dossiers et retrouver des règles stables
La CAPEB a dénoncé les effets des changements successifs de MaPrimeRénov’ sur les entreprises qui ont recruté, acheté du matériel et développé leurs compétences pour accompagner la rénovation des logements.
Elle a défendu des règles stables sur plusieurs années, un soutien aux gestes essentiels comme l’isolation et la ventilation, ainsi qu’un parcours de rénovation par étapes. Cette approche permettrait aux ménages d’étaler leur projet et aux artisans d’être réglés à chaque intervention, sans attendre l’achèvement de l’ensemble des travaux. La revendication d’une TVA à 5,5 % sur l’ensemble de la rénovation a également été portée.
Les blocages administratifs ont fait l’objet d’une alerte précise : au moment de la rencontre, le service économique la CAPEB de l'Aube signalait environ une centaine de dossiers MaPrimeRénov’ par geste en attente de dépôt, en raison des difficultés de la plateforme. Les délais d’accès à France Rénov’ et à Mon Accompagnateur Rénov’ retardent également les projets de rénovation d’ampleur.
Le DDT a reconnu que la lutte contre la fraude ne devait pas conduire à engorger les parcours et a indiqué que ses services travailleraient sur ces difficultés. Pour la CAPEB, l’attente est claire : permettre aux projets d’aboutir et aux chantiers de démarrer.
Carburants et GNR : soulager les entreprises et rétablir davantage d’équité
Dans nos métiers, se déplacer est indispensable. La hausse des carburants pèse sur les véhicules professionnels, les engins et les déplacements des salariés, particulièrement en milieu rural.
La CAPEB et la CNATP ont demandé un soutien temporaire adapté aux petites entreprises, ainsi qu’un accompagnement financier pour celles qui envisagent d’électrifier leur flotte.
La CNATP a également dénoncé les écarts de traitement sur le GNR entre les activités agricoles et les travaux publics, et demandé davantage d’équité et de simplicité dans l’accès aux aides.
Le préfet a invité à mieux mobiliser les dispositifs existants. Nos représentants ont rappelé que leur complexité et le temps nécessaire aux démarches expliquent aussi pourquoi certaines entreprises renoncent à les solliciter.
Déchets : les artisans ne peuvent pas continuer à payer deux fois
Autre sujet d’exaspération : la REP bâtiment. Les représentants professionnels ont décrit une situation dans laquelle les entreprises paient les éco-contributions tout en continuant à financer leurs solutions habituelles d’évacuation, faute de reprise accessible.
La demande portée est celle d’un service effectif, de proximité, notamment pour les petits volumes. À défaut, la poursuite des prélèvements doit être remise en question. Nos organisations ont également demandé davantage de transparence sur l’utilisation des contributions et une mobilisation des collectivités et des éco-organismes pour trouver des solutions locales.
Soutenir la commande et préserver les compétences
La rencontre a aussi permis de défendre l’investissement des collectivités dans les travaux utiles au territoire : rénovation, végétalisation, rafraîchissement des espaces et récupération des eaux pluviales. Le préfet a partagé l’intérêt de cette dynamique pour l’économie locale.
Sur l’emploi, nos organisations ont rappelé que le coût du travail limite la capacité des entreprises à améliorer les rémunérations. Elles ont également insisté sur la nécessité de préserver un apprentissage accessible aux TPE, sans leur transférer une charge financière qu’elles ne pourraient supporter. Former un jeune, c’est préparer les compétences et les entreprises de demain.
Cette rencontre a permis de porter directement les difficultés des artisans auprès des représentants de l’État et de présenter des propositions précises. Si aucun nouveau financement ni arbitrage national n’a été annoncé, un travail sur les blocages de la rénovation énergétique a été annoncé par le DDT. La CAPEB et la CNATP attendent désormais des réponses concrètes à la hauteur des difficultés exposées.
Vous rencontrez un dossier d’aide bloqué, une difficulté de reprise de déchets ou un surcoût qui fragilise votre activité ? Faites remonter vos exemples auprès de Nicolas FAVIN, Secrétaire Général : vos situations concrètes donnent du poids à notre action auprès des pouvoirs publics.








