Fortes chaleurs et canicule dans le BTP
Ne pas sous-estimer le risque !
Depuis toujours la majorité des métiers du BTP se pratiquent en extérieur. Mais les épisodes de chaleur sont aujourd’hui plus fréquents et plus intenses. Le risque n’est donc pas un simple inconfort. Il peut provoquer des malaises, des accidents graves, voire des coups de chaleur. L’objectif n’est pas d’arrêter les chantiers. L’objectif est d’anticiper, d’organiser et de protéger les équipes.
Dernière minute (26 Juin 2026)
Communiqué Commune : Préfet de la Charente, CAPEB Charente, FFB Charente
Vigilance rouge canicule extrême : Appel à la responsabilité des employeurs et à l'adaptation des horaires de travail sur les chantiers
Depuis dimanche, notre département est placé en vigilance rouge pour canicule extrême. Cette situation se caractérise par une vague de chaleur exceptionnelle par sa durée, son intensité et son extension géographique. Elle présente un fort impact sanitaire pour l’ensemble de la population et menace directement la continuité de nos activités économiques et citoyennes.
La chaleur intense ne doit pas être banalisée. Lorsqu’elle se prolonge ou s’intensifie, elle peut entraîner des risques sanitaires sérieux, notamment des malaises, une déshydratation ou des complications de maladies chroniques.
Les épisodes de chaleur extrême appellent donc une vigilance renforcée dans l’organisation du travail.
Les professionnels du BTP, qui œuvrent principalement en extérieur ou dans des milieux confinés et habituellement chauds, se retrouvent en première ligne.
S’il n’existe pas de température maximale légale au-dessus de laquelle le travail est interdit, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) fixe des limites claires pour agir : 30°C pour un travail sédentaire et 28°C pour un travail physique.
Ces seuils sont ceux à partir desquels des actions de prévention doivent être engagées et adaptées à la situation : par exemple accès à l’eau, pauses régulières, adaptation des horaires, réorganisation des tâches, des chantiers, limitation des efforts physiques aux heures les plus chaudes ou report de certaines interventions lorsque cela est nécessaire.
Parmi les mesures de prévention, suspendre l’activité extérieure à partir de 12h est un outil efficace.
Ces mesures doivent être renforcées période de vigilance orange ou rouge. Elles doivent également rester en place lors de la sortie de vigilance, tant que les températures demeurent élevées.
Au-delà, le risque majeur est le coup de chaleur, une urgence vitale absolue, mortelle dans 15 à 25 % des cas. Employeurs, maîtres d’œuvre et salariés doivent impérativement surveiller l'apparition des signes d'alerte suivants :
- Une température corporelle supérieure à 39°C ;
- Un pouls et une respiration rapides, accompagnés de maux de tête, de nausées ou de vomissements ;
- Une peau sèche, rouge et chaude ;
- Un comportement étrange pouvant aller jusqu’au délire ou à la perte de connaissance.
Le Préfet, la CAPEB et la FFB appellent donc les chefs d’entreprise, les maîtres d’ouvrage et l’ensemble des acteurs concernés à poursuivre et à renforcer les mesures de prévention pendant la période de vigilance, mais aussi dans les jours et semaines qui suivent.
Il est rappelé qu’en cas d’activation de la vigilance orange ou rouge ou d’arrêté préfectoral ordonnant une suspension d’activité en lien avec la canicule, les entreprises du BTP peuvent solliciter la Caisse régionale de congés intempéries du BTP en vue d’une éventuelle indemnisation des arrêts de travail
Dernière minute (24 Juin 2026)
Canicule : la CAPEB Charente défend la responsabilité des entreprises du BTP
Face à l’épisode de fortes chaleurs, les entreprises du bâtiment ont déjà largement adapté leur organisation. Dans la plupart des cas, les horaires ont été modifiés afin de démarrer plus tôt et de terminer les chantiers autour de 12h ou 13h.
La CAPEB Charente rappelle que l’arrêt de l’activité aux heures les plus chaudes reste la mesure de prévention la plus efficace, notamment pour les travaux réalisés en extérieur ou dans des locaux fortement exposés à la chaleur.
Toutefois, la CAPEB est intervenue à plusieurs reprises auprès des services de l’État pour rappeler que toutes les situations ne sont pas identiques. Certaines entreprises peuvent poursuivre une activité l’après-midi lorsque les conditions le permettent, par exemple dans des maisons isolées, des locaux ventilés, des ateliers ou des espaces où la température reste compatible avec le travail.
Cette liberté d’organisation ne dispense évidemment pas les employeurs de leurs obligations de prévention (mise à disposition d’eau fraîche, pauses régulières, rotation des équipes, limitation des efforts physiques, adaptation des tâches et surveillance des salariés, ...).
Alors que l’hypothèse d’un arrêt obligatoire des chantiers intérieurs et extérieurs à partir de 12h a été évoquée, la CAPEB Charente a défendu une approche plus adaptée : laisser les entreprises mesurer les risques réels et organiser leur activité en responsabilité.
Les artisans du bâtiment n’ont pas besoin d’un arrêté pour appliquer des mesures de bon sens. Ils connaissent leurs chantiers, leurs équipes et les conditions concrètes d’intervention.
La prévention doit être effective, mais elle doit aussi rester proportionnée aux situations rencontrées sur le terrain.
Dernière minute (23 Juin 2026)
Canicule : attention aux informations incomplètes sur l’arrêt des chantiers
Depuis le début de la semaine, plusieurs informations circulent sur l’arrêt des chantiers en raison de la canicule.
Ces échanges font notamment suite à un message adressé par la DREETS à des maîtres d’ouvrage publics et à des coordonnateurs SPS. Ce message appelait à « proscrire les travaux intérieurs et extérieurs à compter de midi », compte tenu des températures annoncées et des risques pour la santé des travailleurs.
La CAPEB Charente rappelle un point essentiel : à ce jour, aucun arrêté préfectoral ou ministériel n’impose, de manière générale, l’arrêt obligatoire des chantiers à partir de 12h en Charente.
Cela ne signifie pas que les chantiers doivent se poursuivre coûte que coûte.
En fonction des conditions réelles de travail, un maître d’ouvrage peut décider, notamment sur les recommandations du coordonnateur SPS, de suspendre les travaux à partir de midi.
Pour les entreprises, la règle reste la même : évaluer les risques, adapter l’organisation du travail et mettre en œuvre les mesures de prévention nécessaires. Cela peut conduire à démarrer plus tôt, à arrêter le chantier en fin de matinée, à reporter certaines tâches ou à renforcer les pauses, l’accès à l’eau fraîche et la rotation des équipes.
La CAPEB Charente invite les entreprises à ne pas se fonder sur des rumeurs ou des interprétations partielles.
Sur ce sujet comme sur d’autres, contactez la CAPEB pour fiabiliser les informations, vérifier le cadre applicable et sécuriser vos décisions.
Dernière minute (21 Juin 2026)
La CAPEB Charente obtient un arrêté préfectoral autorisant les travaux dès 6H du matin !
Alors que les épisodes de fortes chaleurs se multiplient et que les professionnels du bâtiment figurent parmi les travailleurs les plus exposés, la CAPEB Charente a sollicité le Préfet, pour permettre temporairement aux entreprises du bâtiment de débuter certains travaux plus tôt le matin lors des épisodes de fortes chaleurs, sans avoir à solliciter individuellement des dérogations auprès de chaque commune.
Monsieur le préfet de la Charente vient de nous informer, suite à notre demande, qu'un arrêté préfectoral autorisant le démarrage des chantiers dès 6h le matin sur l'ensemble du département est en vigueur jusqu'au vendredi 26 juin inclus (des renouvellements pourront être accordés pour tenir compte des périodes de canicule).
Fortes chaleurs : un risque professionnel à évaluer
La chaleur doit être prise en compte comme un risque professionnel.
Elle peut aggraver la fatigue, réduire la vigilance, augmenter les risques de chute, de malaise ou d’erreur de manipulation.
Depuis le 1er juillet 2025, les obligations des employeurs ont été renforcées. Le risque lié aux épisodes de chaleur intense doit être évalué et intégré dans le DUERP. L’entreprise doit aussi prévoir des mesures de prévention adaptées.
À retenir : la chaleur ne se gère pas au dernier moment. Elle se prépare.
Plus de détails dans l’infographie CAPEB
Surveillez la vigilance Météo France
Les niveaux de vigilance jaune, orange ou rouge doivent conduire l’entreprise à renforcer son organisation. Cela peut justifier de modifier les horaires, de reporter certaines tâches ou de renforcer les pauses. En vigilance orange ou rouge, la situation doit être analysée avec attention.
Certains chantiers peuvent devenir difficilement compatibles avec la sécurité des équipes.
Quatre niveaux de vigilance :
La « vigilance verte » correspond à la veille saisonnière sans vigilance particulière.
La« vigilance jaune » correspond à un pic de chaleur : exposition de courte durée (1 ou 2 jours) à une chaleur intense présentant un risque pour la santé humaine, pour les populations fragiles ou surexposées, notamment du fait de leurs conditions de travail ou de leur activité physique. Il peut aussi correspondre à un épisode persistant de chaleur : températures élevées durablement (indices bio-météorologiques (IBM) proches ou en dessous des seuils départementaux).
La « vigilance orange » correspond à une période de canicule : période de chaleur intense et durable pour laquelle les indices bio-météorologiques atteignent ou dépassent les seuils départementaux et qui est susceptible de constituer un risque sanitaire pour l'ensemble de la population exposée, en prenant également en compte d'éventuels facteurs aggravants (humidité, pollution, précocité de la chaleur, etc.).
La « vigilance rouge » correspondant à une période de canicule extrême : canicule exceptionnelle par sa durée, son intensité, son extension géographique qui présente un fort impact sanitaire pour l'ensemble de la population ou qui pourrait entraîner l'apparition d'effets collatéraux, notamment en termes de continuité d'activité.
Consulter le site Vigilance Météo France
Adapter les horaires : attention aux règles sur le bruit (en période normale, voir mise à jour en début d'article)
En période de forte chaleur, commencer plus tôt le matin peut être une bonne solution, mais cette adaptation doit rester compatible avec la réglementation sur le bruit.
En Charente, l’arrêté préfectoral relatif aux bruits de voisinage interdit les travaux bruyants tous les jours de la semaine de 20h à 7h, ainsi que toute la journée des dimanches et jours fériés, sauf intervention urgente.
En pratique, l’entreprise peut donc organiser un démarrage plus matinal, mais elle doit distinguer :
- les tâches non bruyantes qui peuvent préparer la journée ;
- des tâches bruyantes qui ne doivent pas commencer avant l’horaire autorisé.
Avant de modifier les horaires, il est recommandé de vérifier les règles locales applicables notamment en cas de chantier en zone urbaine, en lotissement, à proximité d’habitations, d’un établissement de santé ou d’un hébergement touristique.
Ceci étant, il est possible de solliciter la Mairie du lieu du chantier pour une dérogation à ces horaires et ainsi pouvoir commencer l'activité sur chantier plus tôt.
A l'heure actuelle, la CAPEB Charente a sollicité Monsieur le Préfet de la Charente pour qu'un arrêté permettant, lors des épisodes de canicule, de débuter les travaux bruyant à partir de 6h du matin, sur l'ensemble du département, soit pris dans les meilleurs délais. (évitant ainsi aux entreprises de solliciter individuellement les Mairies).
Sur les chantiers, les bons réflexes à appliquer
Les mesures les plus simples sont souvent les plus efficaces.
L’entreprise doit prévoir de l’eau fraîche en quantité suffisante (3 litres d’eau par jour et par personne).
Il faut aussi organiser des pauses régulières, de préférence à l’ombre ou dans un endroit frais.
Il est aussi recommandé :
- de commencer plus tôt le matin, et de terminer aux alentours des 12h 13h pendant les alertes canicules
- d’éviter les tâches les plus physiques aux heures les plus chaudes,
- d’utiliser les aides à la manutention,
- de mécaniser les opérations pénibles,
- de créer de l’ombre en réduisant l’exposition directe au soleil.
Équipements et protections
Les vêtements doivent être adaptés : couvrants, légers et de couleur claire.
Il faut protéger la tête, la nuque et les yeux. Des lunettes de sécurité avec filtre UV peuvent être utiles sur certains postes.
Il est également possible d’utiliser des équipements rafraîchissants :
Ces équipements ne remplacent pas les mesures d’organisation. Ils viennent en complément.
Surtout : pas de travaux torse-nu ! et normalement les shorts ne sont pas autorisés lors de risques de projection sur le corps.
Travail en équipe : une vigilance collective
En période de forte chaleur, il faut éviter l’isolement. Le travail en équipe permet de repérer plus rapidement les signes de malaise. Il permet aussi d’alerter les secours sans perdre de temps. Pour connaître et surveiller les signes d’alerte, téléchargez l’affiche de l’OPPBTP
Que dois-je faire en cas de malaise ? En cas de malaise lié à la chaleur, appelez le SAMU au 15 et suivez ses consignes.
Les consignes de l'inspection du Travail
Chaleur et canicule au travail : les précautions à prendre
En cas de forte chaleur, l'employeur est tenu de prendre plusieurs mesures :
Mesures générales :
- Prendre en compte et retranscrire dans le « document unique d’évaluation des risques » les risques liés aux ambiances thermiques et adopter les mesures de prévention permettant d’assurer la santé et la sécurité des salariés ;
- Renouveler l’air de façon à éviter les élévations exagérées de température dans les locaux de travail fermés ;
- Mettre à disposition de l’eau potable et fraîche en quantité suffisante ;
- Fournir aux salariés des moyens de protection contre les fortes chaleurs et/ou de rafraîchissement ;
- Multiplier les pauses, si possible dans un local rafraîchi
Mesures qui s’appliquent au secteur du BTP :
- Mettre à la disposition des travailleurs un local de repos adapté aux conditions climatiques ou aménager le chantier de manière à permettre l’organisation de pauses dans des conditions de sécurité équivalentes ;
- Mettre à disposition des travailleurs trois litres d’eau potable et fraîche au minimum par jour et par salarié ;
- S’assurer que le port des protections individuelles et les équipements de protection des engins sont compatibles avec les fortes chaleurs ;
- Prendre les mesures organisationnelles adéquates pour que les travaux se fassent sans exposer les salariés.
Mesures à appliquer en cas d’alerte "vigilance rouge" par Météo France :
Procéder à une réévaluation quotidienne des risques encourus par chacun des salariés en fonction de la température et de son évolution en cours de journée ; de la nature des travaux devant être effectués, notamment en plein air ou dans des ambiances thermiques présentant déjà des températures élevées, ou comportant une charge physique ; de l’âge et de l’état de santé des travailleurs.
En fonction de cette réévaluation des risques :
- Ajuster l’aménagement de la charge de travail, des horaires et plus généralement de l’organisation du travail pour garantir la santé et la sécurité des travailleurs pendant toute la durée de la période de vigilance rouge. Une attention particulière doit être portée aux femmes enceintes, aux personnes souffrant de pathologies chroniques ou en situation de handicap, etc.
- Décider de l’arrêt des travaux si l’évaluation fait apparaître que les mesures prises sont insuffisantes, notamment pour les travaux accomplis à une température très élevée et comportant une charge physique importante, par exemple travaux d’isolation en toiture ou de couverture, manutention répétée de charges lourdes.
Vous trouverez dans le lien suivant les mesures de prévention à mettre en place par l’employeur, les bons gestes à adopter au travail et toutes les ressources utiles sur ce sujet.
Dans le cas où cette liste de mesures ou actions de prévention contre les risques professionnels liés aux épisodes de chaleur intense n’est pas définie, l’inspection du travail dispose de la possibilité de mettre en demeure l’employeur de l’établir.
Apprentis et jeunes travailleurs : une attention renforcée
Les jeunes travailleurs doivent faire l’objet d’une vigilance particulière. Les apprentis mineurs ne doivent pas être affectés à des travaux exposés lors du niveau de vigilance rouge Météo-France.
Et de façon générale la mauvaise hygiène de vie est un facteur aggravant en cas de forte chaleur et d’activité physique… la vigilance s’impose envers les publics les plus fragiles.
Attention aussi au risque de départ de feu
Sur un chantier, plusieurs situations peuvent devenir sensibles : végétation sèche à proximité, stockage de matériaux combustibles, poussières, solvants, gaz, bouteilles, câbles électriques, matériels qui chauffent, travaux de soudage, meulage, découpe ou étanchéité à la flamme.
Les travaux dits « par points chauds » doivent faire l’objet d’une vigilance particulière.
Les bons réflexes à appliquer :
- dégager la zone de travail des matériaux combustibles ;
- éloigner les cartons, emballages, isolants, bois, solvants et produits inflammables ;
- humidifier ou protéger les zones sensibles lorsque c’est nécessaire ;
- vérifier l’état des rallonges, enrouleurs, batteries et branchements électriques ;
- éviter de laisser du matériel en plein soleil ;
- prévoir un extincteur adapté à proximité du poste de travail.
En période de canicule, il est donc utile d’ajouter une question au briefing du matin : existe-t-il aujourd’hui un risque particulier d’incendie sur ce chantier ?
Cette vérification rapide peut éviter un accident grave.









