GNR : le Premier ministre annonce des mesures pour les TPE du BTP
L’impact de la hausse des prix des carburants et des produits dérivés du pétrole et du gaz était au coeur des échanges que le Président de la CAPEB a eu ces dernières semaines avec les membres du gouvernement. La semaine dernière encore, il plaidait la cause des entreprises artisanales du bâtiment devant Serge Papin, Ministre des MPE, du Commerce et de l’Artisanat, entouré pour l’occasion des représentants des cabinets ministériels du logement, de l’industrie, de l’énergie et des comptes publics.
Il a développé les mêmes arguments devant le Ministre de l’Economie Roland Lescure ce lundi en visio. Ces plaidoiries ont porté leurs fruits et sont remontés jusqu’à Matignon puisque mardi 21 avril, le Premier ministre a annoncé des mesures spécifiques pour les petites entreprises du BTP.
Il a ainsi confirmé la mise en place d’une aide ciblée sur le carburant, incluant le gazole non routier (GNR), indispensable au fonctionnement des engins de chantier. Cette mesure, qui pourrait atteindre environ 20 centimes par litre, vise à compenser en partie la hausse brutale des coûts d’exploitation provoquée par l’envolée des cours du pétrole. Elle s’inscrit dans un effort plus large d’alignement avec d’autres filières déjà accompagnées, notamment le monde agricole, également dépendant de ce carburant spécifique.
Il a ainsi confirmé la mise en place d’une aide ciblée sur le carburant, incluant le gazole non routier (GNR), indispensable au fonctionnement des engins de chantier. Cette mesure, qui pourrait atteindre environ 20 centimes par litre, vise à compenser en partie la hausse brutale des coûts d’exploitation provoquée par l’envolée des cours du pétrole. Elle s’inscrit dans un effort plus large d’alignement avec d’autres filières déjà accompagnées, notamment le monde agricole, également dépendant de ce carburant spécifique.
Pour les artisans du bâtiment, cette décision marque une prise de conscience tardive mais attendue quant à la vulnérabilité des très petites entreprises face aux chocs énergétiques.
Le Président de la CAPEB s’est dit soulagé de cette prise de conscience tout en restant prudent sur la portée réelle de ces déclarations. Car en effet, derrière l’effet d’annonce, les modalités d’application sont souvent une autre affaire. Le Ministre de l’Artisanat et des PME ainsi que le Ministre de l’Economie sont chargés, par le Premier ministre, de prendre contact avec nos organisations pour définir les contours de cette aide financière qui pourrait atteindre 20 centimes par litre.
Evidemment, l’aide envisagée est très limitée et pourrait ne pas suffire pour permettre aux entreprises de continuer à travailler sans pertes. Nombre d’entre elles sont déjà engagées sur des chantiers à prix fermes, conclus avant la flambée des coûts, et ne peuvent pas répercuter les hausses sur leurs clients, en particulier les particuliers. Cette rigidité contractuelle place les artisans dans une impasse financière, où poursuivre l’activité revient parfois à creuser les déficits.
La crise énergétique agit comme un révélateur d’une fragilité plus profonde du secteur. Depuis plus de deux ans, le bâtiment traverse une phase de repli marquée, dans un contexte où les marges étaient déjà sous pression, avec une baisse d’activité constante et la disparition de milliers d’emplois, près de 30000 postes au total.
À cette tension sur les carburants s’ajoute une hausse généralisée des coûts des matériaux. La CAPEB plaide pour la mise en place d’un observatoire des prix des matériaux, dans le but de distinguer les hausses réellement liées à l’énergie de celles qui pourraient relever d’effets d’aubaine. Une régulation est absolument nécessaire pour éviter une dérive comparable à celle de 2022, qui avait profondément déstabilisé le secteur.
Au-delà des mesures d’urgence, la CAPEB en appelle à des réponses structurelles pour éviter de revivre la crise de 2022. La rénovation, en particulier, est un levier majeur pour soutenir l’activité. Elle doit faire l’objet d’un accompagnement renforcé. Alors que la construction neuve et l’immobilier ont fait l’objet d’un soutien public très significatif, nous demandons au gouvernement de soutenir la rénovation de manière équivalente, et d’envisager une baisse de la TVA sur tous les travaux de rénovation afin de relancer durablement le secteur. Et même si le Ministre de l’Economie Roland Lescure, y est très réticent au premier abord, nous entendons bien démontrer que cet investissement publique pourrait rapporter bien plus que la dépense initiale.









