2026-04-22 15:30:00

Assemblée générale 2026 de la CAPEB : entre inquiétudes économiques et avancées concrètes

La CAPEB a tenu sa 80e Assemblée générale dans un contexte particulièrement tendu pour le secteur. Entre incertitudes économiques, hausse des coûts et enjeux de transition, cet événement a été marqué à la fois par des préoccupations fortes et des annonces concrètes du Gouvernement.

Un climat économique sous pression

Dès les premières prises de parole, le ton est donné. Le contexte international, notamment les tensions au Moyen-Orient, pèse lourdement sur les entreprises artisanales du bâtiment. La hausse des prix des carburants et des matériaux frappe de plein fouet des professionnels déjà fragilisés.
Car derrière les chiffres, il y a une réalité bien concrète : depuis deux ans, les artisans ont rogné sur leurs marges pour continuer à travailler. En 2025, l’activité du secteur a encore reculé de 3,8 %. Une baisse qui traduit une situation de plus en plus difficile pour des milliers de petites entreprises, pourtant indispensables à la vie économique des territoires.

Retrouvez les propositions portées par la CAPEB face à cette situation : ICI

Les artisans au cœur des enjeux de société

Et pourtant, jamais leur rôle n’a été aussi central : Logement, rénovation énergétique, adaptation des habitations au vieillissement : sur tous ces fronts, les entreprises artisanales du bâtiment sont en première ligne. Elles incarnent un modèle de proximité, ancré dans les territoires, durable et non délocalisable.
Mais cette utilité évidente contraste avec les difficultés qu’elles rencontrent au quotidien. Accès complexe aux marchés, règles parfois inadaptées, concurrence déséquilibrée… autant d’obstacles qui freinent leur développement.

C’est dans ce contexte, à la fois tendu et stratégique, que le dialogue avec les pouvoirs publics a pris toute son importance.

Des messages forts du Gouvernement, des attentes qui demeurent

La venue de plusieurs ministres a constitué un temps fort de cette Assemblée générale. Tous ont adressé des signaux clairs, reconnaissant le rôle essentiel des artisans du bâtiment et la nécessité d’agir.

Vincent Jeanbrun : lever les freins à la rénovation

Sur le sujet du label RGE, très attendu par la profession, le ministre de la Ville et du Logement a annoncé des mesures concrètes pour en simplifier l’accès :
- un accès facilité via la validation des acquis de l’expérience (VAE),
- la pérennisation de l’attestation chantier,
- un allègement des obligations d’audit pour les petites entreprises.
Un signal positif, qui va dans le sens des demandes portées par la CAPEB depuis plusieurs années. Le ministre a également rappelé l’ampleur du défi à venir : « 85 % des logements de 2050 existent déjà ».

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Mathieu Lefèvre : engager la réforme de la gestion des déchets

Sur la question de la REP bâtiment, le ministre de la Transition écologique a lui aussi envoyé un message clair : le dispositif actuel doit évoluer.
Maillage territorial renforcé, meilleure gouvernance, encadrement des éco-organismes, maîtrise des coûts… les orientations sont posées.
Là encore, les annonces vont dans le bon sens. Mais leur mise en œuvre concrète sera déterminante, notamment sur des sujets sensibles comme la gratuité de la reprise des petits volumes de déchets.

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Serge Papin : une alerte sur l’urgence économique

En amont de l’événement, la réunion organisée à Bercy avec le ministre des PME et de l’Artisanat a permis de porter un message d’alerte.
Face à la dégradation rapide de la situation économique, la CAPEB a insisté sur la nécessité de mesures rapides et significatives. Là encore, l’écoute a été au rendez-vous.
Mais pour les artisans, l’essentiel est ailleurs : transformer ces échanges en décisions concrètes.

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Une organisation tournée vers l’avenir

Malgré les inquiétudes, cette Assemblée générale a aussi été marquée par une volonté de se projeter.
Les 60 ans de l’École des Cadres ont ainsi été célébrés, avec une évolution symbolique : elle devient l’Académie CAPEB - Le cursus d’excellence des élus.
Un changement de nom qui traduit une ambition intacte : accompagner les élus de la CAPEB tout au long de leur parcours, pour mieux défendre les intérêts des entreprises artisanales dans un environnement toujours plus exigeant.
Découvrir la vidéo des 60 ans :

Une table ronde pour illustrer les enjeux de la montée encompétences des élus tout au long de leur parcours syndical

Autour de Jean-Christophe Repon, plusieurs intervenants issus d’horizons complémentaires - dont Jean-François Vigier, Brice Estebaner et Denis Gravouil - ont partagé une conviction commune : l’engagement, qu’il soit syndical ou local, exige une formation continue. Plus qu’un simple apport technique, celle-ci constitue un levier essentiel pour comprendre les enjeux, dialoguer avec l’ensemble des acteurs et construire des réponses adaptées aux réalités des territoires.
Les échanges ont également souligné la complémentarité entre élus locaux et artisans du bâtiment, tous deux acteurs de proximité bénéficiant d’une forte confiance des citoyens. Une dynamique de coopération jugée indispensable pour répondre aux défis de la transition écologique et du logement.

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Un cap clair : passer des paroles aux actes

Les interventions gouvernementales ont permis d’envoyer des signaux positifs et de poser les bases d’évolutions attendues par la profession. Elles traduisent une prise de conscience du rôle essentiel des entreprises artisanales du bâtiment et des difficultés auxquelles elles sont confrontées.

Pour autant, dans un contexte économique particulièrement tendu, ces orientations doivent désormais se concrétiser rapidement.
Les artisans du bâtiment attendent des mesures effectives, lisibles et durables, à la hauteur des enjeux auxquels ils font face au quotidien.
Car au-delà des annonces, il s’agit de garantir la capacité de milliers d’entreprises à poursuivre leur activité, à former, à recruter et à répondre aux besoins essentiels des territoires.

La CAPEB le rappelle avec constance : les très petites entreprises ne demandent pas des privilèges, mais des conditions équitables et adaptées pour exercer pleinement leur métier.
Plus que jamais, la priorité est désormais à la mise en œuvre.