2026-10-23 08:30:00

La CAPEB dénonce les modalités des offres packagées PAC du Plan Electrification !

PAC « tout compris » : la CAPEB refuse que les artisans deviennent de simples poseurs ! Des offres regroupant pompe à chaleur, installation, financement, électricité et maintenance : derrière la promesse de simplification pour les ménages, quelle place restera-t-il aux artisans ?

Dans une tribune publiée le 15 octobre, Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB, alerte sur les risques du modèle encouragé par le Gouvernement et défend l’indépendance, l’expertise et la juste rémunération des entreprises artisanales.

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À l’occasion du lancement de la deuxième phase du plan d’électrification, la CAPEB interpelle les pouvoirs publics sur le développement des offres de pompes à chaleur « packagées ». Ces formules réunissent plusieurs prestations dans une offre globale, portée par des groupements d’entreprises associant notamment des fournisseurs d’énergie, des fabricants et des acteurs du financement.

Si l’objectif de faciliter l’équipement des ménages est partagé, la CAPEB conteste une organisation qui risque de concentrer la relation client, les choix techniques et la fixation des prix entre les mains de grands opérateurs. Les artisans pourraient alors être cantonnés à l’installation, sans pouvoir réellement peser sur les décisions qui engagent leur travail.

Un métier qui ne se résume pas à la pose

Choisir une pompe à chaleur adaptée suppose d’étudier le logement, les besoins de ses occupants et le chauffage existant. Dimensionnement de l’équipement, désembouage, isolation des canalisations, adaptation des émetteurs : chaque chantier présente des particularités qui influencent son coût et la performance finale de l’installation.

Cette analyse et ce conseil font pleinement partie du métier. Une offre standardisée ne peut pas remplacer l’expertise de l’entreprise qui connaît le terrain et accompagne son client.

Des risques concrets pour nos entreprises

Dans sa tribune, la CAPEB pointe plusieurs sujets de préoccupation :

  • Des marges sous pression, si les prix imposés ne couvrent pas le temps de travail et les contraintes réelles du chantier.
  • Une perte d’indépendance, si l’accès aux clients dépend d’opérateurs qui choisissent les équipements et définissent les conditions d’intervention.
  • Un décalage entre responsabilité et pouvoir de décision, lorsque l’artisan réalise les travaux sans avoir la maîtrise des choix techniques effectués en amont.

Pour la CAPEB, la rémunération, les coûts pris en charge et les obligations de chacun doivent être clairement établis. L’entreprise artisanale doit conserver les moyens d’assurer la qualité de son intervention.

La CAPEB demande des partenariats équilibrés et un accès équitable aux aides

La CAPEB ne rejette pas le principe des offres intégrées. Elle demande que les artisans soient pleinement associés à leur construction et puissent conserver leur liberté de conseil, le choix des solutions adaptées et une rémunération cohérente avec le travail réalisé.

La CAPEB appelle également les pouvoirs publics à garantir des conditions de soutien équitables, que les entreprises participent ou non à ces groupements. Les aides publiques ne doivent pas favoriser un modèle commercial au détriment des artisans indépendants.

Le message est clair : la transition énergétique doit se construire avec les artisans, en reconnaissant leur expertise et leur rôle auprès des ménages. Elle ne doit pas les transformer en simples exécutants des stratégies des grands opérateurs.