Fortes chaleur et canicule dans le BTP
Face à l’épisode de fortes chaleurs, les entreprises du bâtiment ont déjà largement adapté leur organisation. Dans la plupart des cas, les horaires ont été modifiés afin de démarrer plus tôt et de terminer les chantiers autour de 12h ou 13h.
La CAPEB de l'Eure rappelle que l’arrêt de l’activité aux heures les plus chaudes reste la mesure de prévention la plus efficace, notamment pour les travaux réalisés en extérieur ou dans des locaux fortement exposés à la chaleur.
Toutefois, la CAPEB est intervenue à plusieurs reprises auprès des services de l’État pour rappeler que toutes les situations ne sont pas identiques. Certaines entreprises peuvent poursuivre une activité l’après-midi lorsque les conditions le permettent, par exemple dans des maisons isolées, des locaux ventilés, des ateliers ou des espaces où la température reste compatible avec le travail.
Cette liberté d’organisation ne dispense évidemment pas les employeurs de leurs obligations de prévention (mise à disposition d’eau fraîche, pauses régulières, rotation des équipes, limitation des efforts physiques, adaptation des tâches et surveillance des salariés...).
Les artisans du bâtiment n’ont pas besoin d’un arrêté pour appliquer des mesures de bon sens. Ils connaissent leurs chantiers, leurs équipes et les conditions concrètes d’intervention.
La prévention doit être effective, mais elle doit aussi rester proportionnée aux situations rencontrées sur le terrain.
Cela ne signifie pas que les chantiers doivent se poursuivre coûte que coûte.
En fonction des conditions réelles de travail, un maître d’ouvrage peut décider, notamment sur les recommandations du coordonnateur SPS, de suspendre les travaux à partir de midi.
Pour les entreprises, la règle reste la même : évaluer les risques, adapter l’organisation du travail et mettre en œuvre les mesures de prévention nécessaires. Cela peut conduire à démarrer plus tôt, à arrêter le chantier en fin de matinée, à reporter certaines tâches ou à renforcer les pauses, l’accès à l’eau fraîche et la rotation des équipes.
Un arrêté préfectoral autorisant le démarrage des chantiers dès 6h le matin sur l'ensemble du département est en vigueur jusqu'au vendredi 26 juin inclus (des renouvellements pourront être accordés pour tenir compte des périodes de canicule).
Fortes chaleurs : un risque professionnel à évaluer
La chaleur doit être prise en compte comme un risque professionnel.
Elle peut aggraver la fatigue, réduire la vigilance, augmenter les risques de chute, de malaise ou d’erreur de manipulation.
Depuis le 1er juillet 2025, les obligations des employeurs ont été renforcées.
Le risque lié aux épisodes de chaleur intense doit être évalué et intégré dans le DUERP. L’entreprise doit aussi prévoir des mesures de prévention adaptées.
La chaleur ne se gère pas au dernier moment. Elle se prépare.
Plus de détails dans l’infographie CAPEB
Surveillez la vigilance Météo France
Les niveaux de vigilance jaune, orange ou rouge doivent conduire l’entreprise à renforcer son organisation.
Cela peut justifier de modifier les horaires, de reporter certaines tâches ou de renforcer les pauses.
En vigilance orange ou rouge, la situation doit être analysée avec attention.
Certains chantiers peuvent devenir difficilement compatibles avec la sécurité des équipes.
Quatre niveaux de vigilance :
La «vigilance verte» correspond à la veille saisonnière sans vigilance particulière.
La «vigilance jaune» correspond à un pic de chaleur : exposition de courte durée (1 ou 2 jours) à une chaleur intense présentant un risque pour la santé humaine, pour les populations fragiles ou surexposées, notamment du fait de leurs conditions de travail ou de leur activité physique. Il peut aussi correspondre à un épisode persistant de chaleur : températures élevées durablement (indices bio-météorologiques (IBM) proches ou en dessous des seuils départementaux).
La «vigilance orange» correspond à une période de canicule : période de chaleur intense et durable pour laquelle les indices bio-météorologiques atteignent ou dépassent les seuils départementaux et qui est susceptible de constituer un risque sanitaire pour l'ensemble de la population exposée, en prenant également en compte d'éventuels facteurs aggravants (humidité, pollution, précocité de la chaleur, etc.).
La «vigilance rouge» correspondant à une période de canicule extrême : canicule exceptionnelle par sa durée, son intensité, son extension géographique qui présente un fort impact sanitaire pour l'ensemble de la population ou qui pourrait entraîner l'apparition d'effets collatéraux, notamment en termes de continuité d'activité.
Consulter le site Vigilance Météo France
Sur les chantiers, les bons réflexes à appliquer :
Les mesures les plus simples sont souvent les plus efficaces.
L’entreprise doit prévoir de l’eau fraîche en quantité suffisante (3 litres d’eau par jour et par personne).
Il faut aussi organiser des pauses régulières, de préférence à l’ombre ou dans un endroit frais.
Il est aussi recommandé :
de commencer plus tôt le matin, et de terminer aux alentours des 12h 13h pendant les alertes canicules
d’éviter les tâches les plus physiques aux heures les plus chaudes,
d’utiliser les aides à la manutention,
de mécaniser les opérations pénibles,
de créer de l’ombre en réduisant l’exposition directe au soleil.
Équipements et protections :
Les vêtements doivent être adaptés : couvrants, légers et de couleur claire.
Il faut protéger la tête, la nuque et les yeux.
Des lunettes de sécurité avec filtre UV peuvent être utiles sur certains postes.
Il est également possible d’utiliser des équipements rafraîchissants.









