BTP : les femmes encore mises à l’épreuve… surtout par les clients et les fournisseurs
Dans les secteurs de l’artisanat du bâtiment et du paysage, les femmes gagnent progressivement en visibilité et en reconnaissance, mais restent confrontées à de nombreuses résistances, principalement extérieures à leurs entreprises. C’est ce que met en lumière une étude récente menée par l’IRIS-ST, la CAPEB, la CNATP et l’OPPBTP. Les résultats montrent que les femmes doivent encore largement prouver leur légitimité auprès des clients, fournisseurs et autres intervenants de chantier.
À l’inverse, l’étude dresse un constat plus positif du côté des entreprises artisanales. Près d’une sur deux a déjà recruté une femme, et les employeurs soulignent les bénéfices des équipes mixtes : meilleure prévention des risques, attention accrue aux conditions de travail, amélioration des comportements et climat de chantier plus apaisé. Les artisans ne constituent donc pas le principal frein à la féminisation des métiers, même si la faiblesse des candidatures féminines demeure un obstacle.
Les difficultés matérielles restent toutefois importantes. Les équipements de protection individuelle sont souvent inadaptés à la morphologie féminine, tout comme certains outils ou aménagements de chantiers et de vestiaires, rarement pensés pour la mixité. Ces contraintes renforcent le sentiment d’évoluer dans un environnement conçu avant tout pour les hommes.
Enfin, la maternité apparaît comme le défi majeur, en particulier dans les très petites entreprises. De nombreuses cheffes d’entreprise écourtent leur congé faute de relais pour assurer la continuité de l’activité. L’étude appelle donc à renforcer les actions existantes : promotion des métiers auprès des jeunes filles, développement d’EPI adaptés, aides financières pour l’aménagement des chantiers et accompagnement spécifique des femmes entrepreneures, notamment lors de la maternité.
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