Prix des carburants : la CAPEB demande des mesures de fond pour redonner de l’activité aux entreprises
Intervenu à plusieurs reprises dans les médias cette semaine, la CAPEB a rappelé la position de l’organisation : les mesures d’urgence sont utiles, mais elles ne peuvent pas constituer une réponse durable. La priorité reste de redonner de l’activité aux entreprises et de leur permettre de réduire progressivement leur dépendance aux énergies fossiles.
L’aide GNR prolongée jusqu’à la fin de l’année
Le Gouvernement a confirmé la prolongation jusqu’au 31 décembre 2026 du dispositif d’aide au gazole non routier pour les entreprises du BTP éligibles.
L’aide reste fixée à 20 centimes par litre de GNR, dans la limite de 4 000 euros par entreprise, sous réserve de respecter les conditions d’éligibilité du dispositif.
Pour la CAPEB, cette prolongation apporte une réponse immédiate aux entreprises fortement consommatrices de GNR. Mais elle ne règle qu’une partie du problème.
Comme l’a résumé Jean-Christophe Repon lors de son intervention sur France Info : « Nous, ce qu’on demande, c’est de l’activité. »
Des entreprises qui ne peuvent plus absorber seules les hausses
Le carburant vient s’ajouter aux augmentations successives supportées par les entreprises ces dernières années : matériaux, énergie, véhicules, assurances ou encore coûts salariaux.
Cette situation est d’autant plus difficile à gérer que les entreprises établissent aujourd’hui des devis pour des travaux qui seront parfois réalisés plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard. Entre-temps, leurs coûts peuvent continuer à évoluer.
Jean-Christophe Repon a ainsi rappelé que les entreprises avaient déjà absorbé une partie des augmentations en réduisant leurs marges afin de préserver leurs clients et leurs carnets de commandes. Selon lui, cette capacité arrive désormais à ses limites.
Le sujet ne se résume donc pas au prix payé à la pompe. Il concerne directement la rentabilité des chantiers, les capacités d’investissement des entreprises et le maintien de l’emploi.
Relancer l’activité plutôt que multiplier les aides ponctuelles
La CAPEB défend une approche plus structurelle.
Parmi ses propositions figure notamment la mise en place, à titre temporaire, d’une TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation, afin de redonner du pouvoir d’achat aux ménages et de soutenir directement la demande de travaux. Cette proposition a de nouveau été portée par la CAPEB dans le cadre des discussions sur le projet de loi de finances pour 2027.
L’objectif est simple : permettre aux particuliers de réaliser leurs projets et redonner des commandes aux entreprises artisanales du bâtiment.
La CAPEB souhaite également que les certificats d’économies d’énergie (CEE) soient davantage mobilisés au service de la rénovation des logements et de la transition énergétique des petites entreprises.
Donner aux artisans les moyens de sortir progressivement du gazole
Au-delà de l’urgence actuelle, la hausse des carburants pose une autre question : comment permettre aux entreprises artisanales de moins subir les prochaines crises énergétiques ?
La CAPEB demande la mise en place d’un accompagnement global permettant aux entreprises de préparer progressivement la transformation de leurs équipements et de leurs déplacements professionnels :
- renouvellement des véhicules utilitaires ;
- passage progressif aux véhicules électriques lorsque les usages le permettent ;
- solutions de financement et de suramortissement adaptées aux petites entreprises ;
- installation de bornes de recharge ;
- production photovoltaïque sur les ateliers et bâtiments professionnels ;
- accompagnement des investissements nécessaires à cette transition.
L’enjeu est notamment de tenir compte de la réalité des entreprises du bâtiment : véhicules chargés, déplacements multiples, interventions parfois éloignées, besoins d’autonomie et impossibilité d’immobiliser longtemps un véhicule professionnel.
Une même priorité : permettre aux entreprises de vivre de leur métier
Le message porté par la CAPEB est donc double.
À court terme, les entreprises les plus exposées doivent pouvoir être accompagnées face à une hausse brutale de leurs coûts.
À plus long terme, il faut surtout leur donner de l’activité, de la visibilité et des capacités d’investissement, afin qu’elles puissent moderniser progressivement leurs véhicules et leurs bâtiments professionnels.
Comme l’a rappelé Jean-Christophe Repon, la vocation des entreprises artisanales n’est pas de dépendre durablement d’aides successives, mais bien de pouvoir vivre de leur activité et investir dans leur avenir.
Pour la CAPEB, la réponse à la crise des carburants doit donc dépasser la seule compensation du prix du litre : elle doit aussi contribuer à relancer le marché de la rénovation et préparer la transition énergétique des entreprises artisanales du bâtiment.
PORTER LA VOIX DES ARTISANS ET ENTREPRISES du BÂTIMENT
Ce lundi 21 septembre, Pierre-Emmanuel Bossis, Président de la CAPEB Charente, a été interviewé par ICI La Rochelle sur les conséquences de la hausse des carburants pour les entreprises artisanales du bâtiment dans une contexte de baisse d'activité continue depuis 4 ans (du jamais vu !).
Notre intervention a ensuite été reprise dans les médias nationaux, notamment sur France Inter et France Info radio.
Le Président confédéral est lui intervenu dans plusieurs médias nationaux (RMC, FrancInfo, Sud Radio, ...).
Porter la voix des entreprises du bâtiment : c'est le rôle de la CAPEB.









