2020-03-20 11:59:00

Dans un pays « en guerre », le gouvernement tire sur les entreprises artisanales responsables !!

Nous voilà donc arrivés aux limites de l’exercice Macronien du fameux « en même temps ». D’un côté on organise un premier tour des municipales ; « en même temps » on reporte le second tour. D’un côté on annonce être « en guerre » ; de l’autre la ministre du Travail fustige les entreprises qui arrêtent leur activité. Pointant du doigt notamment les entreprises du bâtiment

Nous ne ferons pas de « en même temps », nous allons être très clairs : cette façon de faire est lamentable. Nous avons entendu, atterrés, la ministre du travail dire à la télévision : « les entreprises qui se disent « l’État paiera », ce n’est pas du civisme ». Quelle honte. Laisser penser, en cette période, que les entreprises cessent leur activité avec joie et qu’elles agissent par opportunisme est un scandale. Nous étions habitués à la suffisance de ce gouvernement mais reconnaissons qu’en la matière il sait encore nous étonner. Malheureusement.

Il fallait un peu de dignité, de hauteur,il fallait garder le pays soudé, rassurer. Il n’y avait que de l’arrogance en stock.

Depuis samedi soir nous informons nos adhérents. Toutes les entreprises ont peur, personne ne se réjouit, tout le monde redoute la suite, tout le monde craint pour sa trésorerie, pour les stocks, pour les chantiers à finir, pour la santé des salariés … Personne n’a pu dire avec légèreté « l’État paiera » ! Personne ! Ce que la ministre du travail, confinée chez elle, ne comprend pas, c’est que chacun a dû faire face à des arbitrages impossibles : comment continuer alors que les fournisseurs ferment ? Comment continuer alors que les clients ne veulent pas nous recevoir chez eux ? Comment continuer alors que nos salariés craignent de véhiculer le virus ?Personne n’a arrêté son activité avec plaisir.

Il y a une forme d’obscénité à déclarer que les entreprises du bâtiment agissent par opportunisme. Toutes auraient préféré continuer normalement à travailler, mais, dans un pays « en guerre »,ce n’est pas possible, ce n’est pas sérieux.

Alors on s’interroge : doit-on dire à présent à nos entreprises de rouvrir, de forcer les portes de leurs clients pour achever les chantiers ? Doivent-ils envoyer sous la contrainte des salariés dont ils ne peuvent garantir la sécurité (l’État lui-même ne garantit pas la sécurité des soignants…). Doit-on licencier les salariés qui refusent de se rendre sur les chantiers ? Quand nous serons condamnés par les Prud’hommes, est-ce que la ministre du travail paiera l’addition à notre place ? Doit-on engorger les hôpitaux avec les inévitables accidents du travail qui surviendront ?Est-ce vraiment ce que l’intelligence, ou le civisme commandent ? Doit-on conseiller à tous de se rendre chez le médecin pour se faire arrêter afin que la Sécurité Sociale finance à 100% les absences plutôt que de solliciter les dispositifs d’activité partielle qui laisseront une part de l’effort aux entreprises ? Faut-il vraiment saturer les cabinets médicaux en ce moment ? Est-ce vraiment ce que l’on doit conseiller dans un pays« en guerre » ?

Nous avons fait le job, tout de suite, en passant un message simple : faisons chacun ce qui est nécessaire pour que le confinement soit le moins long possible. Le message, que le président de la République n’a pas assumé, était difficile à faire entendre. Nous l’avons fait.

Alors,depuis votre appartement parisien, et alors que vos revenus sont assurés,gardez vos leçons madame la ministre. Et au-delà, gardez-vous de nous solliciter lors de votre prochain déplacement dans le département pour servir de fond d’écran à vos annonces ou à vos campagnes. Avec vous, et avec tous les gens qui sont faits du même bois que vous, nous observerons à vie une distance sanitaire qui nous garantira, nous l’espérons de ne jamais vous ressembler !

Coronavirus et activité dans le bâtiment : le guide de préconisations est paru