2026-04-07 10:40:05

HAUSSE DU CARBURANTS ET DES MATERIAUX

Ce jeudi 2 avril, le Président confédéral avait convié l’ensemble des représentants du Réseau CAPEB à une visio afin de faire un point sur les hausses des prix constatées à la suite du déclenchement du conflit au Moyen-Orient.

L'état des lieux :

Le prix des carburants impact directement le coût du transport. Le blocage du détroit engendre des perturbations pour tout ce qui provient de Chine notamment. Les conséquences sur les chantiers sont rapides, à commencer par une incertitude sur les chantiers à venir. Les hausses sont immédiates alors que les devis sont déjà signés. Tout ceci génère une pression sur les marges des entreprises. L’inflation induite par la hausse des prix énergétiques peut devenir systémique et se généraliser à l’ensemble des secteurs. La détérioration du contexte impacte les capacités de financement des ménages et génère une perte de confiance de leur part.
En détail :

  • 92 % des entreprises ont été impactées par la hausse du pétrole depuis le début du conflit en Iran, soit le 28 février. Effets immédiats sur les coûts de déplacement et d’exploitation des entreprises.
  • 56% des entreprises considèrent avoir été impactées par la hausse du GNR.
  • 70% des réponses déclarent avoir reçues des avis, courriers, de hausse des tarifs de matériaux par leurs fournisseurs.
  • Les matériaux qui auraient subi les plus fortes hausses (en nombre de réponses) : bois (43), béton (39), cuivre (43), Revêtements de sol PVC (31), Plaques de plâtre (25).
  • Les hausses varient de 2,5 % à 20 % selon les produits :
  • Les produits dérivés du pétrole (Hausse maximale +20%) : les hausses les plus importantes : Polystyrène expansé ou PSE, Polystyrène extrudé ou XPS, Polyurétane, PVC, et bitumineux : gaines et préfilées pour l'électricité, tuyaux et raccords pour la plomberie, membranes synthétiques et bitumineuses pour la couverture, revêtement sol …
  • Un quart des entreprises considèrent avoir reçues des avis, courriers en provenance des fournisseurs attirant la vigilance sur une rupture potentielle des approvisionnements, traduisant un risque potentiel à surveiller. Principaux matériaux ou produits concernés : laine de verre, de bois, l'ossature et le placo.
  • Pour 60% des réponses : respect du délai de prévenance de 8 jours de toute augmentation confirmée (comme décrite dans la déclaration commune conclue par la CAPEB avec ses partenaires).
  • La majorité des hausses de prix s’appliquent en général dès le 1er avril.
  • 50% des entreprises perçoivent déjà un impact sur leur activité. Mais cet impact n’est pas mesuré précisément.

Les actions envisagées portées par la Capeb

  • Imposer aux fournisseurs de respecter un délai de prévenance suffisant pour que les entreprises puissent répercuter sur leurs devis
  • Encourager les entreprises à intégrer des clauses de précaution dans leurs devis. Des éléments de langage seront adressés au Réseau pour accompagner les adhérents et les aider à justifier ces clauses auprès de leurs clients.
  • Demander à l’Etat d’aider financièrement les entreprises à changer leur flotte de VU pour des véhicules électriques (plan d’électrification). Cette mesure relèverait de la sobriété énergétique.
  • Solliciter l’éligibilité des gestes isolations à MaPrimeRénov’ car l’énergie la moins chère est celle qu’on ne consomme pas. Les travaux d’isolation permettent de faire des économies d’énergie.
  • Mettre en place un dispositif expérimental de « suivi de l’évolution des coûts pour les matériaux de construction ». Il s’agirait de créer un indice de prix des matériaux de construction à partir des principaux matériaux de construction identifiées. Cet indice permettrait de suivre l’évolution et d’identifier pour chaque catégorie retenue la répartition de leurs coûts entre sept postes de dépenses (énergie, travail, matériaux, matériel, services, transport, déchets). L’évolution de cet indice permettrait d’expliquer les hausses et permettrait d’identifier les pratiques opportunistes et les effets d’aubaine.
  • Rembourser, comme pour le secteur agricole et le secteur des Travaux Publics, une partie de la TICPE pour les carburants utilisés pour des véhicules professionnels
  • Demander à l’Etat d’appliquer un taux réduit de 5,5% pour l’ensemble des travaux de rénovation qui permet de réduire le coût des travaux. Cela produirait 1,9 milliard d’activité en plus pour les entreprises. Une activité supplémentaire qui pourrait créer potentiellement 9400 emplois. A défaut, entre 10 et 15 000 détruits en plus des 30 000 déjà disparus depuis 2 ans.
  • Encourager une réduction des délais de paiement sur les marchés publics
  • Demander l’accélération des travaux en cours sur le parcours de rénovation énergétique qui est également un moyen de faciliter l’engagement de travaux par les ménages, de manière progressive et donc moins pesante sur leur pouvoir d’achat
  • Agir auprès de l’URSSAF nationale concernant la mise en place d’un échéancier de délai de paiement avec comme motif « conséquences guerre au Moyen-Orient ». Objectif : sensibiliser le chef d’entreprise, y compris pour les travailleurs indépendants, sur la possibilité de recourir à ce moyen pour le règlement d’une dette, sur une durée maximale de 12 mois. Pour rappel si la déclaration se fait en ligne, le délai de réponse est de 48 heures. La démarche reste volontaire.
  • Saisir le ministère du travail afin d’ouvrir le cadre de l’activité partielle à l’instar de celui mobilisé pendant la COVID : motif « guerre au moyen orient » : avec 1) un délai de réponse de 48 heures et, à défaut de réponse, une acceptation de la demande automatique, 2) la possibilité de réaliser une demande à postériori de la mise en place de l’activité partielle, 3) un montant reversé par l’état équivalent au montant de l’indemnité versée au salarié en 2020, soit 70% de la rémunération brute du salarié dans la limite de 4,5 fois le SMIC et 4) un délai du dispositif de 12 mois. Pour rappel : actuellement en cas d'activité partielle, le salarié perçoit par son employeur une indemnité à hauteur de 60% de sa rémunération horaire brute de référence et l’employeur reçoit de l’agence de paiement 36% de la rémunération horaire brute de référence du salarié. Donc le reste à charge est élevé pour l’entreprise.